Publié le 15 mars 2024

Le lit cabane n’est pas qu’un meuble tendance, c’est un véritable outil pédagogique qui peut transformer la chambre en un puissant moteur d’imagination.

  • Le secret ne réside pas dans la décoration, mais dans la capacité du lit à délimiter un espace dédié qui agit comme un « théâtre miniature » pour les scénarios de l’enfant.
  • Le choix (au sol ou surélevé) et l’organisation autour du lit sont plus importants que le lit lui-même pour favoriser des sessions de jeu longues et autonomes.

Recommandation : Abordez l’achat d’un lit cabane non pas comme une fin en soi, mais comme le début d’un projet d’aménagement évolutif centré sur le jeu libre et la rotation des thèmes.

Vous rêvez de voir votre enfant s’évader dans des mondes imaginaires, loin des écrans ? Vous avez probablement déjà croisé ces magnifiques lits cabanes sur les réseaux sociaux, présentés comme la solution miracle pour une chambre de rêve. L’idée est séduisante : un meuble qui est à la fois un cocon pour la nuit et une source d’aventures pour le jour. Beaucoup de parents investissent dans un lit cabane en pensant que la magie opérera seule, pour finalement se retrouver avec un simple lit, certes joli, mais sous-utilisé. On se concentre sur l’esthétique, les guirlandes lumineuses, le thème « princesse » ou « explorateur », en oubliant l’essentiel.

Et si le véritable pouvoir du lit cabane ne résidait pas dans sa décoration, mais dans sa capacité à être un outil pédagogique structurant ? Si la clé pour débloquer cette fameuse heure de jeu symbolique quotidienne n’était pas le meuble lui-même, mais la façon dont il structure l’espace et l’esprit de l’enfant ? C’est cette perspective que nous allons explorer. Nous verrons que le lit cabane, utilisé intelligemment, n’est pas une simple structure en bois, mais un véritable catalyseur de scénarios. Il devient le point de départ d’histoires sans fin, un théâtre miniature où votre enfant est à la fois l’acteur, le metteur en scène et l’auteur.

Cet article va vous guider pas à pas pour transformer cette promesse en réalité. Nous allons d’abord comprendre le lien puissant entre jeu symbolique et développement, puis aborder les aspects très concrets de la sécurité et du choix du modèle. Ensuite, nous déconstruirons l’erreur la plus commune qui entrave le jeu, avant de voir comment faire évoluer cet espace avec votre enfant, et enfin, comment l’organisation de cet espace est la clé pour décupler le temps de jeu autonome.

Pour naviguer à travers ces étapes clés, voici le plan de notre exploration. Chaque partie est conçue pour vous donner des outils concrets et vous permettre de faire les meilleurs choix pour votre enfant et votre intérieur.

Pourquoi un enfant qui joue 1h/jour en jeu symbolique développe 30% de vocabulaire en plus ?

Le jeu symbolique, ou « faire semblant », est bien plus qu’un simple passe-temps. C’est le laboratoire principal où l’enfant construit sa compréhension du monde, ses compétences sociales et, surtout, son langage. Quand un enfant joue à la marchande, au docteur ou qu’il fait parler ses peluches, il ne fait pas que s’amuser : il expérimente des rôles, structure sa pensée et mobilise activement son vocabulaire. Des études confirment d’ailleurs l’impact majeur de cette activité : selon une étude sur l’apport du jeu symbolique dans la construction du langage, un enfant qui s’y adonne régulièrement peut développer jusqu’à 30% de vocabulaire supplémentaire. Pourquoi ? Parce que chaque scénario de jeu est une occasion de nommer des objets, d’utiliser des verbes d’action et de formuler des phrases complexes pour décrire une situation.

Le lit cabane intervient ici comme un catalyseur de scénarios. Sa structure délimite physiquement un « ailleurs » : ce n’est plus juste un coin de la chambre, c’est une maison, un château, une fusée. Cet espace dédié aide l’enfant à entrer et à rester dans son jeu. Une enseignante française a par exemple observé une explosion des interactions verbales en ajoutant simplement des flacons vides dans le coin « bain des poupées ». Le lit cabane fonctionne sur le même principe : il est une invitation permanente au « faire semblant ». En devenant le décor de base, il incite l’enfant à enrichir lui-même la scène avec des accessoires, stimulant ainsi sa créativité et l’utilisation de mots nouveaux.

Pour aider votre enfant à se lancer, vous pouvez proposer des thèmes simples. L’idée n’est pas d’imposer un jeu, mais de fournir les « ingrédients » de base pour que l’histoire puisse démarrer.

  • Le marché du samedi : Créez un étal avec des fruits et légumes en plastique. C’est l’occasion d’introduire le vocabulaire des aliments, des prix et des quantités (« Je voudrais trois pommes, s’il vous plaît ! »).
  • La boulangerie française : Un simple comptoir et de la pâte à modeler suffisent. Apprenez ensemble les noms des pâtisseries et les formules de politesse du commerce.
  • Le cabinet vétérinaire : Les peluches deviennent des patients. Cela permet d’enrichir le vocabulaire médical simple (« Il a de la fièvre, il faut prendre sa température ») et les noms d’animaux.

L’astuce est de laisser l’enfant diriger le jeu tout en glissant subtilement le nouveau vocabulaire dans vos interactions. Le lit cabane devient alors le théâtre de ces apprentissages, un lieu où le langage prend vie.

Comment vérifier qu’un lit cabane respecte les normes de sécurité NF EN 747 ?

L’enthousiasme pour le potentiel ludique d’un lit cabane ne doit jamais faire oublier l’essentiel : la sécurité de votre enfant. En France, la référence pour les lits en hauteur (y compris les lits mi-hauteur ou surélevés) est la norme européenne NF EN 747. Cette norme n’est pas un simple label, c’est un ensemble d’exigences strictes qui garantissent la robustesse, la stabilité et la conception sécuritaire du meuble. Avant tout achat, et particulièrement pour un produit destiné à un jeune enfant, s’assurer de sa conformité est un réflexe non-négociable. Cela est d’autant plus vrai avec la multiplication des vendeurs sur les marketplaces, où tous les produits ne sont pas soumis aux mêmes contrôles.

Visuellement, un lit peut paraître sûr, mais la norme NF EN 747 teste des points invisibles à l’œil nu : la résistance de la structure aux jeux des enfants, la solidité de l’échelle, ou encore la hauteur des barrières de sécurité pour prévenir les chutes nocturnes. Une barrière trop basse, un espacement trop grand entre les lattes du sommier ou les barreaux peuvent présenter des risques réels. La présence d’une étiquette de certification est donc le premier gage de confiance.

Gros plan sur une étiquette de certification fixée sur la structure d'un lit cabane en bois

Au-delà de la norme principale, d’autres indications peuvent vous guider vers un produit plus sain. La mention « sans COV » (Composés Organiques Volatils) ou l’utilisation de peintures à l’eau garantissent une meilleure qualité de l’air dans la chambre. De même, le label PEFC indique que le bois provient de forêts gérées durablement, un critère important pour de nombreux parents. Pour vous aider à y voir clair lors de votre achat ou à la réception du produit, voici une checklist pratique des points à auditer.

Votre plan d’action : Checklist de vérification sécurité

  1. Vérifier la mention : Recherchez la mention « Conforme aux exigences de sécurité NF EN 747 » sur l’étiquette du produit, la fiche technique en ligne ou la notice de montage.
  2. Mesurer les barrières : La hauteur des barrières de sécurité doit être d’au moins 16 cm au-dessus de la surface du matelas. Attention à ne pas choisir un matelas trop épais qui annulerait cette protection.
  3. Contrôler les espacements : L’écart entre les barreaux de la barrière ou de l’échelle, ainsi qu’entre les lattes du sommier, ne doit jamais dépasser 7,5 cm pour éviter tout risque de coincement de la tête.
  4. Tester la stabilité : Une fois le lit monté, exercez une légère pression latérale sur la structure. Elle ne doit ni vaciller ni présenter de jeu excessif.
  5. Inspecter les finitions : Passez la main sur toutes les surfaces accessibles. Assurez-vous qu’il n’y a aucune écharde, arête vive ou vis saillante qui pourrait blesser votre enfant.

Lit cabane au sol ou surélevé 120cm : lequel pour un enfant de 4 ans ?

Une fois la sécurité validée, la grande question se pose : faut-il opter pour un lit cabane au sol, d’inspiration Montessori, ou un lit surélevé qui libère de l’espace ? Pour un enfant de 4 ans, en pleine phase d’affirmation et d’exploration, les deux options présentent des avantages pédagogiques très différents. Le choix dépendra de trois facteurs : le type de jeu que vous souhaitez encourager, le niveau d’autonomie de votre enfant et, bien sûr, la contrainte de l’espace disponible. Un lit au sol favorise l’autonomie et l’imitation du quotidien, tandis qu’un lit surélevé ouvre la porte à des scénarios plus épiques et optimise l’espace.

Dans les appartements des grandes villes françaises, où la surface des chambres d’enfant oscille souvent entre 9 à 13m² selon une analyse du marché parisien, chaque mètre carré compte. Le lit surélevé devient alors une solution très attractive pour créer un espace de jeu supplémentaire sous la zone de couchage. Cependant, il demande une plus grande vigilance, l’accès en hauteur pouvant être une source d’excitation qui complique la transition vers le sommeil. Le lit au sol, lui, est plus simple d’accès mais occupe une emprise au sol non négligeable. Pour vous aider à peser le pour et le contre, voici un tableau comparatif.

Comparatif lit au sol vs. lit surélevé pour un enfant de 4 ans
Critère Lit cabane au sol (Montessori) Lit surélevé 120cm
Type de jeu favorisé Imitation du quotidien (maison, garage, coin lecture) Scénarios épiques (château fort, vaisseau spatial, cachette)
Autonomie Maximale : l’enfant monte et descend librement et en toute sécurité. Limitée : l’accès par l’échelle nécessite une surveillance et de la maturité.
Transition sommeil Plus facile : la proximité avec le sol est rassurante et moins stimulante. Plus complexe : l’excitation liée à la hauteur peut perturber l’endormissement.
Espace au sol gagné 0 m² Environ 2 à 3 m² disponibles sous le lit pour jouer ou ranger.
Idéal pour les petites chambres Non, il occupe une surface importante. Oui, c’est sa fonction première pour optimiser l’espace.

À 4 ans, un enfant est généralement capable de gérer un lit mi-hauteur (environ 120 cm), à condition que l’échelle soit sécurisée et qu’il soit à l’aise avec la hauteur. Le lit au sol sera parfait pour les plus jeunes ou pour les parents qui privilégient une transition en douceur vers un « lit de grand ». Il n’y a pas de mauvais choix, seulement un choix plus ou moins adapté à la personnalité de votre enfant et à votre contexte de vie.

L’erreur qui transforme la chambre en parcours d’obstacles

L’erreur la plus fréquente après l’installation d’un lit cabane est la sur-stimulation et la saturation de l’espace. En voulant bien faire, on accumule les coussins, les guirlandes, les peluches et les jouets directement dans et autour du lit. Résultat : l’espace de jeu, au lieu d’être libéré, est encombré. Le lit cabane, qui devait être une scène de théâtre modulable, se fige dans un seul thème (tout pirate, tout princesse) et la chambre se transforme en un parcours d’obstacles visuel et physique. Un enfant face à un trop-plein de sollicitations ne sait plus par où commencer. Son attention se disperse, il papillonne d’un jouet à l’autre sans jamais entrer en jeu profond et concentré. L’objectif d’augmenter le temps de jeu est alors complètement manqué.

La solution est contre-intuitive : pour jouer plus, il faut moins de jouets visibles. L’idée est de créer un environnement ordonné et aéré, structuré en zones claires. Le lit cabane redevient une structure neutre, prête à accueillir n’importe quel scénario, et le sol se libère pour devenir le véritable espace d’expression. L’organisation par zones permet à l’enfant de se repérer et de focaliser son attention. C’est le principe de l’environnement « préparé » cher à Maria Montessori.

Vue en plongée d'une chambre d'enfant montrant l'organisation en zones autour d'un lit cabane

Cette organisation en zones est la clé pour maintenir l’ordre et, surtout, pour renouveler constamment l’intérêt de l’enfant. Plutôt que d’avoir tous les jouets disponibles en permanence, on effectue une rotation. Une famille française a mis en place une méthode brillante pour y parvenir, qui illustre parfaitement ce principe.

Étude de cas : La méthode des « bacs de scénarios »

Confrontée au désordre permanent et à un enfant qui se lassait vite de ses jouets, une famille a mis en place un système de « bacs de scénarios ». Ils ont créé plusieurs bacs thématiques (un bac « docteur » avec stéthoscope et bandages, un bac « explorateur » avec jumelles et boussole, un bac « chevalier » avec épée en mousse et bouclier). La règle est simple : l’enfant ne peut sortir qu’un seul bac à la fois. Le lit cabane reste un décor neutre, prêt à devenir l’hôpital, la jungle ou le château. Cette méthode a eu trois effets positifs : le rangement est devenu simple et rapide (tout retourne dans un seul bac), l’intérêt pour chaque thème est renouvelé à chaque sortie de bac, et l’espace de jeu principal reste dégagé et disponible.

En pratique, vous pouvez définir une « Loi des 3 Zones » : la zone d’accès immédiat autour du lit avec seulement les accessoires du scénario en cours ; la zone de stockage proche avec les autres bacs thématiques sur des étagères basses ; et une vaste zone neutre au sol pour les constructions type Kapla ou les grands jeux.

Comment transformer un lit cabane « enfantin » en espace ado à 12 ans ?

L’enfant cherche un ‘cocon rassurant’, l’ado cherche un ‘repère’ d’intimité et d’expression personnelle.

– Cyrielle Poirot, Le Lit Cabane / Love Mama

L’investissement dans un lit cabane, qui peut varier de 350 à 900 €, est plus facile à justifier s’il est durable. La bonne nouvelle, c’est qu’un lit cabane avec une structure simple et de bonne qualité a un potentiel d’évolution incroyable. Alors que l’enfant de 4 ans y voit une maison ou un château, le pré-adolescent de 12 ans y cherchera tout autre chose : un espace personnel, une bulle d’intimité pour lire, écouter de la musique ou discuter avec ses amis. La transition de « cabane de jeu » à « repère d’ado » est non seulement possible, mais elle est aussi une excellente occasion de projet à faire ensemble, renforçant son appropriation de l’espace.

Le secret de cette transformation réside dans le changement des codes esthétiques et fonctionnels. On abandonne les couleurs primaires et les motifs enfantins pour des teintes plus sobres et des accessoires plus « adultes ». La structure en bois brut ou blanc, initialement un support pour des guirlandes de fanions, devient la base pour un éclairage d’ambiance, un support pour des appareils électroniques ou une toile de fond pour un moodboard. Le lit cabane passe d’un espace de jeu extraverti à une zone de confort et d’expression introvertie.

Voici quelques idées de transformations concrètes et accessibles, souvent réalisables en mode DIY (Do It Yourself) pour un budget maîtrisé :

  • Repeindre la structure : Un coup de peinture peut tout changer. Optez pour des couleurs neutres et tendances comme le noir mat, le gris anthracite ou un vert sauge. Utilisez impérativement une peinture à l’eau non toxique.
  • Installer un éclairage d’ambiance : Les bandes LED connectées, disponibles dans les grandes surfaces de bricolage comme Leroy Merlin, permettent de créer des ambiances lumineuses personnalisées et contrôlables via un smartphone.
  • Créer une bulle d’intimité : Remplacez les rideaux colorés par des voilages épais et unis (lin lavé, coton lourd) qui peuvent être fermés pour créer un espace clos et intime.
  • Ajouter des fonctionnalités : Fixez un bras articulé pour une tablette ou un smartphone sur l’un des montants du lit. Installez un panneau de liège ou une grille métallique sur un des côtés pour qu’il puisse y accrocher des photos, des souvenirs et des inspirations.
  • Miser sur le textile : Changez radicalement l’ambiance en optant pour des housses de couette de qualité au style plus mature, comme celles en lin lavé proposées par des marques comme La Redoute Intérieurs ou AM.PM.

En impliquant votre ado dans ces choix, vous transformez une contrainte (« il faut changer sa chambre ») en une opportunité d’expression personnelle, prolongeant la vie de votre investissement initial de plusieurs années.

Pourquoi un enfant qui crée sa décoration gagne 35% de confiance en lui ?

Laisser un enfant participer à la décoration de sa propre chambre, et plus particulièrement de son lit cabane, n’est pas un simple geste pour lui faire plaisir. C’est un acte pédagogique puissant qui nourrit son estime de soi. Lorsque vous donnez à votre enfant la liberté de faire des choix esthétiques, de créer de ses propres mains et de voir le résultat de son travail intégré à son environnement quotidien, vous lui envoyez un message fort : « ton avis compte, tes idées ont de la valeur ». Des recherches sur le développement de l’autonomie chez l’enfant montrent que ces expériences d’appropriation de l’espace peuvent entraîner une augmentation de la confiance en soi allant jusqu’à 35%. Chaque guirlande fabriquée, chaque dessin affiché est une petite victoire qui construit son sentiment de compétence.

Le lit cabane, avec sa structure simple, est un support idéal pour ces projets créatifs. C’est une toile vierge qui invite à la personnalisation. L’objectif n’est pas d’atteindre un résultat digne d’un magazine de décoration, mais de valoriser le processus créatif de l’enfant. Pour éviter que cela ne tourne au chaos, vous pouvez utiliser la technique du « cadre négocié » : en tant que parent, vous fixez les limites (par exemple, un budget, une palette de 3 couleurs, les zones à décorer), et à l’intérieur de ce cadre, l’enfant a une totale liberté de décision. C’est le meilleur des deux mondes : un résultat harmonieux et un enfant fier de ses réalisations.

Voici 3 projets de décoration DIY (Do It Yourself) faciles à réaliser avec des matériaux simples, souvent disponibles en France, pour personnaliser un lit cabane :

  • Guirlande de fanions en tissu upcyclé : Proposez à votre enfant de choisir de vieux t-shirts ou des chutes de tissu. Ensemble, découpez des triangles et aidez-le à les coudre ou à les coller sur une simple ficelle. C’est un excellent projet pour développer la motricité fine.
  • Customisation de poignées avec de la pâte Fimo : Pour les lits avec tiroirs, achetez de la pâte Fimo (facile à trouver en magasin de loisirs créatifs). Laissez votre enfant modeler des formes uniques (animaux, étoiles, formes abstraites), faites-les cuire selon les instructions, puis collez-les sur les poignées existantes.
  • Création de cadres nature : Profitez d’une balade en forêt ou sur la plage pour ramasser de jolis éléments : feuilles, galets, fleurs séchées, coquillages. De retour à la maison, aidez votre enfant à composer des petits tableaux sous verre avec ses trésors.

En lui donnant ce pouvoir sur son environnement immédiat, vous ne faites pas que décorer une chambre, vous construisez les fondations de sa confiance en ses propres capacités.

Comment choisir entre tiroirs, étagères ou penderie sous un lit surélevé ?

Opter pour un lit surélevé est une excellente stratégie pour optimiser une petite chambre, mais la question cruciale devient alors : comment aménager les 2 à 3 m² gagnés sous le lit ? Le choix entre des tiroirs, des étagères ouvertes ou une petite penderie dépend entièrement de ce qui génère le plus de désordre dans la chambre de votre enfant. Il n’y a pas de solution universelle. La meilleure approche est d’observer et d’identifier le « point de friction » principal en matière de rangement. Sont-ce les vêtements qui traînent ? Les livres ? Ou les milliers de petites pièces de construction ? La réponse à cette question dictera l’aménagement le plus efficace.

Si le problème principal est le linge, une petite penderie ou des grands tiroirs seront parfaits pour ranger les vêtements de la semaine et responsabiliser l’enfant. Si la chambre est envahie de livres et de petits objets, des étagères ouvertes et accessibles, équipées de jolies boîtes, seront plus adaptées. Elles permettent à l’enfant de voir et d’accéder à ses affaires facilement. Pour les jouets de construction comme les Legos ou les Kapla, de grands bacs à roulettes qui se glissent sous le lit sont souvent la solution la plus pratique : on tire le bac pour jouer, on remet tout dedans et on le repousse. L’espace sous le lit peut aussi être un mélange de ces solutions : un côté penderie, un autre étagères.

L’optimisation de cet espace est particulièrement stratégique dans les logements urbains où chaque centimètre est précieux. Une bonne conception peut littéralement transformer la fonctionnalité d’une pièce.

Étude de cas : Optimisation d’une chambre de 9m² à Paris

Dans un appartement parisien, une famille a relevé le défi d’aménager une chambre d’enfant de seulement 9m². En installant un lit surélevé avec un bureau et des étagères intégrés en dessous, ils ont non seulement créé un coin travail fonctionnel mais ont aussi libéré 2m² précieux au sol pour un tapis de jeu. Le véritable coup de génie a été d’intégrer des tiroirs coulissants directement dans les marches de l’escalier menant au lit. Cet aménagement sur-mesure a permis de maximiser chaque recoin, offrant un rangement discret et efficace pour les petits jouets et le matériel de dessin, prouvant qu’une conception intelligente de l’espace sous le lit est la clé dans les petites surfaces.

L’essentiel est de concevoir une solution qui réponde à un besoin réel et qui soit facile à utiliser pour l’enfant. Un système de rangement trop complexe sera tout simplement ignoré. Pensez « simple, visible et accessible » pour que le rangement devienne un réflexe naturel et non une corvée.

À retenir

  • Le lit cabane n’est pas un jouet, mais une scène de théâtre : sa valeur réside dans sa neutralité et sa capacité à accueillir tous les scénarios, pas dans une décoration figée.
  • La sécurité est non-négociable : la conformité à la norme NF EN 747 (barrières de 16cm min, espacement de 7,5cm max) doit être votre premier critère de sélection.
  • L’ordre favorise le jeu : un espace organisé en zones claires avec une rotation des jouets (bacs thématiques) est plus efficace pour stimuler le jeu long et concentré qu’une chambre surchargée.

Comment un espace de jeu bien pensé peut-il augmenter le temps de jeu autonome de 45 minutes par jour ?

L’objectif final de tout cet aménagement est de créer un environnement où votre enfant peut jouer seul, de manière concentrée et sereine. Ce temps de jeu autonome est précieux, non seulement pour vous offrir des moments de répit, mais surtout pour le développement de sa persévérance, de sa créativité et de sa capacité de résolution de problèmes. Le secret pour y parvenir réside dans la création d’un espace qui favorise ce que les psychologues appellent l’état de « Flow » : un état de concentration si profonde que l’enfant perd la notion du temps. Et cela est directement lié à l’organisation de son environnement. Des études sur l’état de Flow chez l’enfant montrent qu’un espace de jeu clair, ordonné et sans distraction peut augmenter le temps de jeu autonome de près de 45 minutes supplémentaires par jour.

Un espace « bien pensé » est un espace où la « charge mentale » de l’enfant est réduite au minimum. Il n’a pas à se demander où se trouve tel jouet, ni à devoir escalader une pile d’objets pour atteindre ce qu’il cherche. Tout est à sa place, visible et accessible. C’est là que la « Loi des 3 Zones » et la rotation des bacs de scénarios, que nous avons évoqués précédemment, prennent tout leur sens. En ne présentant qu’un nombre limité de jouets pertinents à la fois, vous éliminez le « bruit » visuel et aidez votre enfant à faire un choix et à s’y tenir. Le lit cabane, en tant que point d’ancrage de la chambre, joue son rôle de refuge calme et de point de départ des aventures, tandis que le reste de la pièce est optimisé pour ne pas freiner l’élan créatif.

La règle d’or pour favoriser cet état de grâce est simple, mais difficile à appliquer pour de nombreux parents : ne jamais interrompre un enfant qui joue. Lorsqu’il est absorbé par la construction d’une tour ou la conversation de ses poupées, il est en plein apprentissage. L’interrompre, même pour une bonne raison comme le rangement ou le dîner, c’est briser net ce processus de concentration. Prévoyez plutôt des transitions douces et annoncez les changements à l’avance. Créez des rituels où les moments de jeu autonome sont sacralisés, par exemple pendant que vous préparez le repas. En combinant un environnement physique optimisé et un cadre temporel respectueux, vous donnez à votre enfant les meilleures conditions pour explorer son monde intérieur en toute autonomie.

En transformant le lit cabane d’un simple meuble en un véritable outil pédagogique, vous offrez à votre enfant bien plus qu’une jolie chambre. Vous lui offrez un espace pour grandir, créer et développer son autonomie. Pour mettre en pratique ces conseils et choisir le lit cabane le plus adapté à votre enfant et à votre intérieur, l’étape suivante consiste à évaluer vos besoins spécifiques en termes d’espace et de type de jeu à privilégier.

Questions fréquentes sur l’aménagement d’un lit cabane pour stimuler le jeu

Rédigé par Amélie Martin, Amélie Martin est éducatrice de jeunes enfants diplômée d'État depuis 13 ans et formatrice Montessori certifiée par l'Association Montessori Internationale (AMI) pour les tranches 0-3 ans et 3-6 ans. Elle a exercé durant 7 ans en crèche parentale puis 6 ans comme directrice pédagogique d'une micro-crèche Montessori de 12 places en région parisienne.